Les pratiques
Glossaire — Les mots sanskrits de la méthode, en langage clair
Les mots de la méthode, sanskrits pour la plupart, sont des noms techniques : nous les gardons parce qu’ils sont précis, comme le latin en anatomie. Les voici dits simplement — ce que chacun désigne dans la tradition, et comment l’entendre sans vocabulaire spirituel. Aucun ne demande d’y croire : ce que nous transmettons, ce sont des méthodes, que l’on pratique et dont on juge par soi-même.
Les mots de la méthode
Ce que la méthode entraîne, et les trois portes par lesquelles elle passe : le corps, le souffle, le mental.
- Yoga
- « Union » : la mise en cohérence du corps, du mental, des émotions et de l’énergie ; un alignement, une stabilité intérieure. Le texte fondateur de la tradition le définit comme l’arrêt de l’agitation du mental — une ligne où le corps n’apparaît même pas. Les postures y sont une porte, non la destination.
- Hatha Yoga haṭha yoga
- Le socle physique du yoga. Ha, le soleil ; tha, la lune : la tradition y lit l’équilibre de deux pôles en nous, que l’on peut entendre comme l’activation et l’apaisement. Ce n’est pas une gymnastique, mais une préparation du corps qui sert de base à tout le reste ; les cinq systèmes de yoga classique enseignés au studio en relèvent.
- Āsana asana
- La posture. Patañjali la définit en trois mots, sthira-sukham āsanam — stable, et à l’aise —, et la souplesse n’en fait pas partie. C’est la première des trois portes de la méthode : le corps, la part du système qui répond aussitôt.
- Prāṇāyāma pranayama
- La conduite du souffle, deuxième porte de la méthode. De nos rythmes vitaux, le souffle est le seul à la fois automatique et volontaire : par lui, on peut agir sur ce qui d’ordinaire nous échappe, comme le rythme du cœur ou le niveau d’alerte. Prāṇāyāma se pratique comme un système, non comme une technique. La pratique : Prāṇāyāma
- Prāṇa prana
- L’énergie vitale : celle où puisent le corps, le mental et les émotions. Dans la langue de tous les jours, la vitalité, le tonus ; haute et stable, elle fait mieux fonctionner le reste du système.
- Dhyāna dhyana
- La méditation : l’attention travaillée pour elle-même, troisième porte de la méthode. Plutôt que de lutter contre les pensées, ce qui les nourrit, on donne à l’attention un seul point où se poser — un souffle, un son — jusqu’à ce qu’elle y demeure sans effort.
- Kriya kriyā
- Une technique structurée qui combine souffle, posture et attention ; le mot se retrouve dans les noms Surya Kriya et Isha Kriya. Kriya est aussi la quatrième des voies, celle de l’action intérieure, pour l’énergie, sur laquelle elle agit directement par le souffle.
- Sādhanā sadhana
- La pratique régulière : une discipline personnelle, tenue au quotidien. Ce qui compte n’y est pas la durée mais la régularité — quelques minutes chaque jour font davantage qu’une longue séance de temps en temps.
- Mandala maṇḍala
- Un cycle de quarante à quarante-huit jours consécutifs de pratique quotidienne, soit six à sept semaines — à peu près le temps qu’il faut à un nouvel alignement pour s’installer, et à une habitude pour s’ancrer. C’est au cours de ce cycle qu’apparaissent les changements que rapportent les pratiquants.
Les quatre voies
Une voie par dimension du système — le mental, le corps, les émotions, l’énergie —, et chacun de nous est un mélange des quatre ; Kriya, la quatrième, est décrite plus haut.
- Gnana jñāna
- La voie de l’intelligence, pour le mental. Elle ne demande pas au mental de se taire, mais d’être juste : c’est la voie du discernement, qui sépare ce que l’on observe de ce que la mémoire y ajoute.
- Karma
- La voie de l’action, pour le corps : l’action accomplie pleinement, sans rester suspendu à son résultat. La tradition emploie aussi le mot au sens de mémoire ; on peut l’entendre comme les conditionnements, les habitudes et les schémas automatiques hérités du passé.
- Bhakti
- La voie du cœur, pour les émotions : un travail par l’élan et le sens, que la tradition appelle aussi dévotion. Dans la lecture classique, l’émotion est une force, non un défaut. Bhakti ne la réprime pas ; elle lui donne une direction.
Les noms des pratiques
Les noms des pratiques elles-mêmes, et ce qu’ils veulent dire ; la plupart ont leur propre page.
- Upa Yoga
- Upa veut dire « sous », « semi » : un pré-yoga, par où l’on commence. Des mouvements simples qui mobilisent les articulations et rétablissent la circulation, sans aucune condition préalable — ni souplesse, ni matériel, ni croyance. La pratique : Upa Yoga
- Angamardana aṅgamardana
- « La maîtrise des membres » : un système de renforcement au poids du corps et à l’élan, sans matériel, d’environ vingt-cinq minutes. Il travaille les ligaments et les tendons plutôt que la masse musculaire, et tient dans deux mètres carrés. La pratique : Angamardana
- Surya Kriya sūrya kriyā
- Surya, le soleil : la séquence solaire d’origine. Synchronisée au souffle, d’une géométrie corporelle exigeante, elle est la forme complète dont la salutation au soleil que l’on connaît est une simplification. La pratique : Surya Kriya
- Surya Namaskar sūrya namaskāra
- La « salutation au soleil » : une version simplifiée et plus accessible de Surya Kriya, qui associe condition physique et dimension intérieure. La tradition la range parmi les pratiques d’alignement avec le soleil, source d’énergie. La pratique : Surya Kriya
- Yogāsana yogasana, Yogāsanas
- Parmi les innombrables postures possibles, la tradition en retient quatre-vingt-quatre, les yogāsanas, qu’elle présente comme des façons d’aligner le corps. Tenues lentement et consciemment, sans forcer ni se comparer, liées au souffle, elles ne sont ni des étirements, ni une compétition. La pratique : Yogāsanas
- Bhūta Shuddhi bhuta shuddhi, bhūta śuddhi
- Bhūta, les éléments ; shuddhi, la purification. Pratique fondatrice du yoga : la tradition décrit le corps comme fait de cinq éléments — terre, eau, feu, air, espace — et cette pratique comme ce qui les purifie. On peut l’entendre comme une hygiène de vie : un rapport conscient à l’eau, à l’alimentation, à l’air, à la lumière et à l’espace. La pratique : Bhūta Shuddhi
- Miracle of Mind
- Une méditation guidée de sept minutes, pour commencer. C’est la première des deux pratiques guidées que l’on emporte partout ; Isha Kriya prend la suite. La pratique : Méditations guidées
- Isha Kriya
- Une méditation guidée de douze minutes, fondée sur le souffle et une simple intention, qui prend la suite de Miracle of Mind pour que la pratique devienne quotidienne. La pratique : Méditations guidées
- Nāda nada, Nāda Yoga
- Le son. Nāda Yoga est le yoga du son : on y emploie le son pour sa vibration et non pour son sens, afin d’asseoir l’attention et la concentration. La pratique : Nāda Yoga & AUMkar
- AUM
- Les trois sons fondamentaux, a-u-m, réunis en un et employés pour leur vibration, non pour leur sens. AUMkar est l’usage conscient de ce son, enseigné avec Nāda Yoga. La pratique : Nāda Yoga & AUMkar
- Mantra
- Un son employé pour sa vibration, tel AUM. Un mantra agit par la vibration du son, non comme une phrase à laquelle il faudrait croire ; on peut l’entendre comme un usage du son et de la vibration pour installer le calme et la concentration.
Les mots de la tradition
Des mots que l’on rencontre en lisant sur le yoga : nous disons ce que la tradition y met, puis comment l’entendre en termes clairs, sans rien affirmer de plus.
- Nāḍī nadi ; Ida, Pingala, Sushumna
- La tradition décrit des nāḍī, parmi lesquelles Iḍā, Piṅgalā et Suṣumṇā. On peut les entendre comme des canaux de circulation de la vitalité : Iḍā et Piṅgalā, l’équilibre entre activation et récupération ; Suṣumṇā, une stabilité intérieure profonde. Nous n’en affirmons pas l’anatomie.
- Chakra cakra
- La tradition décrit dans le corps des chakras, dont elle compte sept, ou cent quatorze. On peut les entendre comme des points de régulation — des « centres de régulation » —, sans en affirmer l’anatomie.
- Kuṇḍalinī kundalini
- Un mot de la tradition ; on peut l’entendre comme un potentiel de vitalité encore inexploité, la capacité de développement de la personne.
- Ānanda ananda
- Le mot de la tradition pour la félicité ; on peut l’entendre comme un état de bien-être profond, une sérénité durable.
- Guru
- Le maître, dans la tradition ; on peut l’entendre comme un enseignant expérimenté qui assure une transmission directe. Le but de cette transmission n’est pas la dépendance : c’est que chacun apprenne à s’aligner lui-même.
- Initiation
- Le mot de la tradition pour la transmission d’une pratique ; on peut l’entendre comme la transmission et l’accompagnement par un enseignant. La manière dont une pratique est transmise est inséparable de la pratique elle-même : c’est pourquoi sa forme complète s’apprend en présence.
- Adiyogi Ādiyogī
- La figure fondatrice que la tradition place à l’origine du yoga, et qu’elle associe à Shiva. On peut l’entendre comme une figure symbolique : l’origine mythologique de la tradition yogique.
- Yoga Sūtra Yoga Sutras
- Les aphorismes de Patañjali, texte fondateur de la tradition. Un seul porte sur les postures : sthira-sukham āsanam, « la posture : stable, et à l’aise » (II.46).